jeudi 27 novembre 2008

Les récompenses aléatoires et ses addictions

Le trading, soit la spéculation à court terme sur les marchés financiers, est un travail qui consiste en grande partie dans la maîtrise des probabilités, et dans ce sens est proche, mais pas semblable aux jeux de hazard (ex: Jeux de casino, de grattage, de pari sportif etc...).

Dans ce sens le trading est en mesure de créer une dépendance aux récompenses aléatoires. J'avais déjà maladroitement évoqué ce genre de phénomène sur mon autre blog "Trader-on-the-floor", mais je dispose, désormais, de plus d'informations.

La neuro-économie nous montre le fonctionnement du cerveau aux récompenses aléatoires propres aux jeux de hazard.

Lorsque les traders ou autres joueurs à jeux de hazard (ex : Loto, PMU, Poker, etc...) Les gains donnent une sensation de bien être, de satisfaction, provoqué par la poussé d'endorphine produite par le cerveau.
En fait l'argent agit sur le cerveau des hommes comme la nourriture agit sur le cerveau des animaux.

Wolfram Schultz, neurophysiologiste à l'université de Cambridge (Royaume Uni) s'est spécialiser dans l'étude de la dopamine, un neurotransmetteur qui permet aux animaux et à l'homme de déterminer quel action entreprendre pour obtenir une récompense au bon moment. La dopamine est produite dans la partie la plus ventrale du cerveau, là où la machinerie neuronale est reliée à la moelle épiniène. Parmi nos 100 milliards de neurones, ceux qui la produisent représentent bien moins d'un millième de 1 %. Mais cette infime portion exerce un immense pouvoir sur nos décisions d'investisseur ou de traders.

La dopamine agit sur l'ensemble du cerveau. Quand les décharges des neurones dopaminergiques augmentent, ce n'est pas pour atteindre une cible particulière. Comme un feu d'artifice projetant des lumières tous azimuts, elles se propagent à toutes les parties du cerveau qui transforment la motivation en décision, et cette dernière en action. Il faut à ces neurones moins de 20 centièmes de seconde pour disperser leur décharges de la base du cerveau vers les centres de décision.

Wolfram Schlutz et Peter Dayan ont fait trois découvertes majeurs sur la dopamine et la récompense.
1-Une recompense qui correspond à vos attentes laisse vos neurones dopaminergiques dans une sorte d'équilibre, en maintenant leurs décharges à un état de repos, à raison de 3 salves par secondes. Obtenir ce que vous voulez n'est pas passionnant. Cela explique que les drogués aient un besoin impérieux d'une dose toujours croisssante pour obtenir ce même plaisir et que les traders rêvent sans cesse de cours augmentant rapidement, avec une accélération certaine ou une croissance accéléré des gains. Il leur faut chaque fois un plus grand succès afin de maintenir le même niveau d'activité neuronale.

2- Un gain inespéré embrase le cerveau. En étudiant les réponses cérébrales des singes à une récompense (Similaire à un gain financier) telle que une petite gorgée de jus de fruit ou un morceau de banane, Schluzt a confirmé que lorsque la récompense est une surprise, les neurones dopaminergiques déchargent plus longtemps et plus intensément que quand l'animal en est averti. Si vous avez fait un gain financier (un beau coup), vos neurones dopaminergiques vont bombarder le reste de votre cerveau. La libération de dopamine àprès une récompense imprévu nous fait désirer prendre plus de risque.

3- Si la récompense que nous attendions ne se matérialise pas la dopamine se tarirait. En somme les neurones dopaminergiques augmentent si vous observer un signal de gain financier où toutes autres récompense. Mais si vous ne réussisez pas à obtenir le gain attendu , elle s'arrète instantanément et voutre cerveau est privé de la "piqûre" de dopamine. Votre cerveau se trouvera face à un vide motivationnel un peu comme si quelqu'un à un drogué son aiguille au même moment où il s'apprête à se faire une injection.

Hans Breiter spécialiste des neurosciences à l'université de médecine de Harvard compare l'activité du cerveau de cocaïnomanes au cerveau d'un trader attendant la rentabilité d'un pari financier. La similitude n'est pas simplement surprenante, elle fait froid dans le dos. Posez côte à côte les images IRM et comparez-les. Elles sont pratiquement superposable. En d'autres termes dès que vous obtenez de bons rendements sur quelques trades, il se peut que votre cerveau comme celui d'un drogué, sauf que la substance dont vous seriez dépendant ne serait pas l'alcool ou la cocaïne, mais l'argent.

Sources : Gagner en bourse grâce à la neuroéconomie de Jason Zweig (Gutemberg Science) ; Psychologie des grands traders de Thami Kabbaj (Erolles)


vendredi 14 novembre 2008

Génèse de la neuro-économie


Au tout début des années 1990, les universitaires américains faisaient de la neuroéconomie sans le savoir.
Paul Glimcher, professeur à la New York University (NYU) et l'un des pères fondateurs de la discipline, avait trouvé son bonheur dans une étude du neurologiste William Newsome sur les difficiles modes de décision... des singes. Un autre neurologiste, Antonio Damasio, de l'université d'Iowa, étudiait la décision chez les victimes de lésions cérébrales. A l'époque, les scientifiques parlaient tout juste de "psychophysique".


Ce n'est qu'en 1998 que la neuroéconomie fait son apparition sous la plume de Kevin McCabe, professeur à la George Mason University. Celui-ci invente le mot neuroéconomie pour convaincre l'agence gouvernementale de la recherche, National Science Foundation, de lui accorder une subvention. Très peu de temps après, en 1999, Paul Glimcher et Michael Pratt publient dans la revue Nature leur étude sur le comportement des singes lié aux récompenses espérées. Pour Paul Zak, directeur du Center for Neuroeconomics Studies à la Claremont Graduate University (Californie), c'est le premier vrai article de neuroéconomie, car il mène l'enquête sur une allocation optimale de ressources rares. Peu importe que la vedette de l'étude soit un singe et non pas Homo economicus !


Les pionniers des années 1990 privilégient le travail interdisciplinaire : ils sont médecins, psychologues, biologistes, économistes... Du côté des neurosciences, "on ouvre la boîte noire qui génère les comportements, mais on n'a guère de comportements intéressants à étudier : j'étais frustré", explique Paul Zak, à l'époque jeune biologiste, pour expliquer son intérêt pour l'économie qui, de son côté, "teste des tas de modèles de comportements sans savoir ce qui produit ces comportements", affirme-t-il.


La rencontre entre les deux disciplines, qu'il juge "inéluctable", se réalise au cours de réunions clés. Il y eut à l'origine une entrevue en 1997 à la Carnegie Mellon University ; puis deux rencontres en 2001, l'une à la Fondation Gruter, l'autre à l'université Princeton. Deux ans plus tard, 30 chercheurs convaincus se retrouvent à Martha's Vineyard, lieu de villégiature de la jet-set américaine au large de Cape Cod, sur la côte du Massachusetts. Et, en 2004, ils sont 83 sur l'île de Kiawah, une station balnéaire de Caroline du Sud. Vernon Smith, Prix Nobel d'économie, apporte sa caution à la réunion. Et les neuroconspirateurs, de plus en plus nombreux, décident alors de créer la Society for Neuroeconomics.


L'association, installée à New York, tout près de la NYU, revendique plus de 400 membres aux Etats-Unis et dans le monde. Ses chercheurs ont créé de solides laboratoires sur l'ensemble du territoire américain. Le champ d'études n'a pas de limites. L'outil de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) doit aider M. Zak à comprendre "pourquoi les gens sont bons ou mauvais". Il l'applique aux hommes, aux singes et autres animaux. Stacy Wood, directrice du Center for Neuroeconomic Research à l'université de Caroline du Sud, s'intéresse quant à elle aux décisions des consommateurs. Elle fouille le cerveau de personnes qui ont une alimentation de bon goût, mais mauvaise pour la santé...

D'autres s'intéressent aux investisseurs en Bourse.Ces études diverses et variées coûtent cher. Le Center for Neuroeconomics Studies de l'université Claremont emploie 14 chercheurs et affiche un budget de fonctionnement annuel de 800 000 dollars. Les agences de l'Etat - les National Institutes of Health -, souvent appelées à la rescousse, soutiennent volontiers cette science émergente. Elles viennent ainsi d'annoncer une subvention de 1,5 million de dollars pour étudier les mécanismes neurobiologiques du comportement économique des adultes vieillissants.

Les fondations International Foundation for Research in Experimental Economics (Ifree), MacArthur, Templeton, Mercatus, Gruter Institute sont sollicitées. La fondation MacArthur, dont l'objectif est "d'améliorer la condition humaine", a promis une aide sur trois ans de 10 millions de dollars aux neuroéconomistes qui planchent sur le droit. "D'ici dix ans, la neuroéconomie sera une matière classique au même titre que la macroéconomie", prédit M. Zak.
















dimanche 9 novembre 2008

Du manque de préparation

Les traders débutants se jettent sur les marchés comme des morts de faim pensant trouver la richesse en quelques clics de souris. Rien n'est programmé ! Rien n'est calculé ! Peu de notions sont parfaitement assimilés (Ex : Money management Gestion de la position et des stops, Psychologie, Manque de plan de trading etc...). L'expression générale de ce manque de préparation est la perte à long terme, et l'expression la plus extrème est ce qu'on appel communément "Le pétage de plombs".

"Le trader Al Weiss explique qu'il a effectué des recherches approfondies sur les cours boursiers pendant quatre années avant d'intervenir sur les marchés avec son argent. Comme l'explique Martin Schwartz, le trader professionnel doit se préparer méticuleusement avant d'affronter la concurrence extrème qui règne sur les marchés. "Je veux toujours être mieux préparé qu'une personne contre laquelle je suis en compétition. Je me prépare en faisant mon travail chaque soir""
  • "Après une série de gains, le trader entre dans un état d'euphorie. Il va avoir une confiance exagérée dans ses capacités et saisir la première opportunité qu'il juge correcte au lieu d'attendre la meilleure opportunité qui devrait respecter scupuleusement les règles de son plan de trading". Parfois il est tellement sure de lui qu'il se croit devenu invincible tant il pense maîtiser le marché. Il commence à prendre des risques démeusurés, ne respectes plus sont plan de trading, ni les règles élémentaires de money mangement qu'il s'est fixé, moyennage à la baisse etc....
Le trader plein de confiance laissera sa position perdante devenir une grosse pertes croyant que le marché finira par lui donner raison. Il va être pétrifié en attendant que le marché aille dans son sens. Il entre en "Mode espoir". Le Trader est paralysé sous le choc émotionnel. La situation de paralysie empêche le trader d'analyser rationnnellement le marché et cela va produire des conséquences désastreuses pour son capital et sa psychologie. Bref il a pété les plombs.

Après une série de gains, le trader se croit infaillible et prend des risques de plus en plus importants. Or c'est souvent après des gains importants que les traders enregistrent leurs plus grosses pertes.

  • "Après une série de pertes le trader peut être déstabilisé et le pousser à prendre des risques de plus en plus importants pour tenter de "Revenir dans le vert". Il est désespéré et ne pense plus au risque qu'il prend car sa seule préoccupation devient l'opération qui le "Sauvera". Bref il va être impulssif, et prendre des position frénétiquement jusqu'à ce qu'il cède devant l'importance de ses pertes. Lui aussi à pété un plomb. Sa perte initiale qu'il cherchait a combler aura décuplé et il subira un fort choc psychologique qui aura entamé sa confiance en lui et son capital."
"Les marchés financiers sont un monde de possibilités illimités et les certitudes du traders sont mises a rude épreuve sur les marchés et les expériences émotionnelles douloureuses sont nombreuses. Et le trader ignore qu'au lieu de chercher de la régularité sur les marchés il doit avant tout chercher de la régularité en lui même, car la solution réside avant tout dans son esprit."

Extraits compilés de "Psychologie des grands traders" de Thami Kabbaj (Eyrolles)